
Le 27 février 2025
Madame, Messieurs les ministres,
Se limiter à la solution électrique à batterie pour décarboner le transport routier lourd de marchandises fait peser un risque majeur sur la capacité des transporteurs et des chargeurs à poursuivre efficacement leurs activités économiques dans le cadre du renforcement des régulations environnementales.
Cette vision privilégiant la batterie au détriment de l’hydrogène s’est construite essentiellement sur une logique de rendement sans tenir compte des retours d’expériences des chargeurs et des transporteurs.
Elle repose en outre sur plusieurs biais :
- Un comparatif entre une filière naissante et une filière soutenue depuis une décennie – à juste titre – dans un cadre où les dispositifs de soutien existants sont réservés à la batterie.
- Des rapports qui se trouvent invalidés lorsque le législateur doit les traduire concrètement en obligations: ainsi la proposition de loi sur le verdissement des flottes (centrée sur la batterie) est-elle conçue, par le niveau des obligations et l’exclusion des grands fourgons du périmètre, pour que les quotas ne portent ni sur les fourgons les plus lourds, ni sur ceux à usage intensifs (25% du parc, mais 75% de ses émissions)
Or, la mobilité à hydrogène peut répondre, en complément à la batterie, aux contraintes opérationnelles spécifiques du transport lourd et intensif (fourgons, camions, bennes à ordures, autobus, autocars) : autonomie, capacité de chargement et puissance appelée importantes. Cette solution a été identifiée par les utilisateurs comme particulièrement pertinente pour les camions parcourant plus de 80 000 km par an pour la distribution régionale ou les long-courriers, et sur des fourgons devant parcourir plus de 250km/jour.
Devant ce constat, un tissu industriel français structuré s’est développé sur les fourgons et poids lourds hydrogène, intégrant des acteurs de premier plan sur la pile à combustible, la motorisation thermique hydrogène et le rétrofit (en particulier Symbio, Forvia, OPMobility, GCK, Hyliko, EHM Motors, Atawey, HRS).
La chaîne de valeur mobilité routière hydrogène représentait déjà 8000 emplois en France en 2023. Selon le cabinet d’études BDO, si l’on met en place les conditions pour concrétiser son potentiel, cette chaîne de valeur mobilité hydrogène pourrait représenter 36 000 emplois d’ici 2035, et contribuer à hauteur de 3% à la réduction du déficit commercial français (export des technologies, nécessitant un marché d’amorçage domestique).
Ne pas reconnaître l’hydrogène comme une solution pertinente pour certains usages spécifiques reviendrait à ignorer les besoins et les risques émis par les utilisateurs et à préparer des dépendances industrielles futures alors qu’un tissu industriel national se construit. L’enjeu est bien de conserver une ligne politique claire tout en maintenant un positionnement industriel de la France fort dans la course mondiale à la mobilité zéro émission.
A l’heure où des documents programmatiques structurants (PPE3, SNBC3, Stratégie hydrogène) sont en cours de finalisation et dans un cadre budgétaire que nous comprenons contraint, nous, représentants de fournisseurs de solutions technologiques, des chargeurs et transporteurs, souhaitons vous rencontrer afin de montrer tout le potentiel de l’écosystème français et l’intérêt pour la France de se positionner sur la mobilité routière lourde à hydrogène.
Nous vous remercions de l’attention portée à notre demande et restons à votre disposition pour toute information complémentaire.
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Madame, Messieurs les ministres, l’expression de notre très haute considération.
Yann DE FERAUDY, Président de France Supply Chain
Yann COLIN, Président de la Coalition Rétrofit Hydrogène
Philippe BOUCLY, Président de France Hydrogène
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